Ludovic Babas : Du Conseil Départemental des Jeunes à Sciences Po ! - 2026

17 avril 2026

Pour Ludovic Babas, l’engagement citoyen est une évidence. Le sien commence à 14 ans, lorsqu’il est élu vice-Président du Conseil départemental des Jeunes (CDJ). « J’ai compris qu’on pouvait agir et changer les choses ! ». Aujourd’hui diplômé de Sciences Po, il souhaite mettre son parcours au service de La Réunion et de l’océan Indien.

 

Président de l’association « Mazynasyon » et coprésident de « De La Réunion aux grandes écoles », à 25 ans, Ludovic Babas a déjà accompli de grandes choses.

 « Nous mettons en place des ateliers pour remobiliser les jeunes en situation d’exclusion en lien avec des  partenaires : France Travail, la Mission locale ou encore des acteurs économiques », explique Ludovic Babas.

Symboliquement, c’est à La Rivière Saint-Louis, dans un local au pied des logements sociaux, que « Mazynasyon » s’est installée. Ludovic Babas n’a pas grandi dans un immeuble mais dans un quartier populaire de Saint-Louis, Roche Maigre.

« Je suis issu d’une famille modeste. Au collège, j’ai commencé à m’intéresser aux questions de société. J’ai intégré le CDJ et, l’année suivante, je suis devenu vice-président. Cette expérience a été une véritable révélation. J’ai découvert que d’autres jeunes se sentaient concernés par les problématiques qui touchent notre société. »

Rencontrer des sans domicile fixe ou intervenir dans un refuge de la SPA : les différentes actions du CDJ renforcent son envie de se rendre utile. Mais s’asseoir dans l’hémicycle du Palais de la Source a clairement bouleversé sa vie.

« Ma prise de parole pour défendre ma candidature a été une révélation ». La maîtrise de l’expression orale le mène aux concours d’éloquence des lycéens, où il déclame sur le thème « Souvenir, je pense à vous Madame Simone Veil », ou comment discourir sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Après le lycée, il intègre une classe préparatoire littéraire aux grandes écoles au lycée Leconte-de-Lisle. « J’ai réussi le concours de Sciences Po et je me suis installé à Rennes.» Son mémoire de recherche porte alors sur une problématique cruciale pour lui : « la question Kaf : réalités sociales et enjeux de reconnaissance ».

« Il existe un véritable traumatisme transgénérationnel. L’esclavage a eu de graves conséquences sur notre identité. »

Cette quête le mène jusqu’en Afrique du Sud. Aujourd’hui, Ludovic Babas travaille au sein de l’ONG Minds Africa pour promouvoir un réseau de jeunes leaders africains souhaitant s’investir dans leur pays.

« Avec Mazinasyon, nou veut créé du lien, redonne la parole et remet la pensée du jeune au centre, nou veut aussi changer zot regard. I faut que zot i prend conscience de zot environnement et que zot lé valoriser. Il faut aussi se dire qu’il est temps de se tourner vers l’indiaocéanie. I faut transforme les rêves de cette génération de demain en in réalité ! »

Avec son autre association, « De La Réunion aux grandes écoles », qu’il copréside, Ludovic Babas vise les mêmes objectifs : mobiliser les jeunes autour de projets impactants. Une convention a été signée avec le Département afin de permettre à l’association d’accompagner un plus grand nombre de jeunes vers les filières d’excellence, grâce aux dispositifs de la collectivité, notamment les aides financières étudiantes et l’accès aux 85 logements mis à disposition par la Cité Internationale Universitaire de Paris (CIUP).

« Nous devons tisser des liens foisonnants entre les îles du sud-ouest de l’Océan Indien, avec un avenir porteur d’espoir ! »