27 mai 2021

11 Réunionnais reçoivent le Prix Départemental du Mérite 2021, portraits vidéo des récipiendaires

C’est dans l’Hémicycle du Département que s’est déroulée la cérémonie de remise des trophées aux 11 récipiendaires du Prix départemental du mérite, ce jeudi 27 mai.

Beaucoup d’émotion mais aussi une grande humilité dans les propos de ces citoyens d’exception, aux parcours singuliers, qui ont contribué et contribuent encore, à leur manière, au dynamisme artisanal, sportif ou agricole du territoire, à la promotion et à la diffusion de notre culture, ou encore au renforcement des solidarités dans une société en plein délitement. 

Grâce à leur volonté, leur ingéniosité, leur humanité ou leur talent, ils ont su faire preuve d’un engagement rayonnant et leurs histoires sont une belle leçon de vie, de courage et de résilience.

Entre 2006 et 2020, ce Prix a été décerné à de nombreuses personnes récompensant ainsi la singularité de leur parcours, leur investissement dans l’éducation et la jeunesse, leur engagement dans des domaines divers comme l’agriculture, l’artisanat, le handicap, la famille, la culture, la vie associative…

Par cette reconnaissance, le Département souligne cette année encore, les parcours de vie de femmes et d’hommes réunionnais d’exception.

C’est dans le cadre de la commémoration du 60e anniversaire de la Départementalisation en 2006, que le Prix Départemental du Mérite a été créé. Cette année, c’est à l’occasion des 75 ans de la Départementalisation que cette édition a été organisée. Le trophée remis à chaque personnalité a été réalisé en bois de tamarin par les agents de l’atelier bois du Département.

La cérémonie s’est achevée en musique sur les airs d’une chanson de Jean-Pierre Boyer.  

 

Retrouvez les portraits sur le site internet du Département : www.departement974.fr et en cliquant ici

 

Les récipiendaires

 

Catégorie Agriculture (flore)

Edwina MaillotFleuriste, formatrice

 

Catégorie Agriculture en milieu forestier

Christophe Dalleau- Production de cultures péi

 

Catégorie Artisanat

Jean-Noël Vencatachellum - Artisan en ébénisterie

 

Catégorie Social (Solidarité)

Stéphane Delphine - Président de L’association Koulèr Lo Kèr

 

Catégorie Social (handicap)

Sabine Le Toullec - Engagée dans une association sur le sport adapté

 

Catégorie Sport

Pierre Louvat – Président École de Foot de Saint-Gilles

 

Catégorie Culture

Sinévassin Benoit Cadeby - Bénévole associatif

 

Catégorie Culture (patrimoine)

David Testan Moringueur - Responsable d’un centre culturel

 

Catégorie Culture (musique)

Nathalie Quipandédié - Programmatrice de salles de spectacle

 

Catégorie Culture (musique)

Jean-Pierre Boyer- Artiste auteur, compositeur, interprète

 

Catégorie Patrimoine (arts plastiques)

Charly Lesquelin - Artiste peintre

 

Portraits vidéo :

Sabine LE TOULLEC :

 

Christophe DALLEAU :

Benoit CADEBY :

 

Charly LESQUELIN :

 

Pierre LOUVAT :

 

Jean-Noel VENCATACHELLUM :

 

David TESTAN :

 

Edwina MAILLOT : 

 

Jean-Pierre BOYER :

 

Stéphane DELPHINE :

 

Nathalie QUIPANDEDIÉ :

 

Version texte des vidéo : 

« Sabine LE TOULLEC, Bénévole engagée dans l’Association Portoise du Sport Adapté (APSA) » :

Sabine LE TOULLEC, enseignante à la retraite.

Qu'est-ce que je fais ? je m'occupe de l'association APSA, nous avons créé cette association il y a trente-deux ans. Cette association est née de la volonté d'une assistante maternelle, elle recevait des enfants handicapés et elle ne savait pas quoi faire avec eux, et on a commencé à travailler. Quand on a emmené ses jeunes sur le terrain, ici même d'ailleurs à Lambrakis, bah c'était comme si c'était le cirque brasil qui étaient de sortie. Les gens s'agglutinaient autour pour regarder. Et donc nous on a dit c'est pas possible, il faut absolument qu'on fasse connaître les personnes handicapées, qu'on travaille avec eux pour changer ce regard, ce regard des gens qui n'avaient jamais vu, et nous ça nous embêtait. Et d'autant plus que moi-même j'ai un fils porteur de handicap.

On a pris la valorisation par le sport. Comment faire changer le regard des personnes sur ces gens ? Mais comment aussi changer le regard de ces personnes handicapées sur elle-même. Parce que elles elles se trouvaient vraiment méprisées, dévalorisées, hors le sport c'est un formidable vecteur. Parce que quand on réussit ne serait-ce qu'à mettre un ballon dans un panier et que tout le monde fait hourra hourra hourra, on se sent pousser des ailes. C'est ce qui s'est passé ! Petit à petit les jeunes ont connu la réussite, connaissant la réussite ils ont voulu aller plus loin, connaissant un sport ils ont voulu faire d'autres sports, d'autres activités.

Clarisse, qui était une athlète de chez nous plusieurs fois championne en athlétisme, médaille d'or en athlétisme, elle a été au Marathon de New York. On est allé aux États-Unis, en Irlande, en Grèce, on a rapporté des médailles, des médailles d’or aux jeux spécial olympique.

 

Un jeune de l’APSA, porteur de handicap :

Il faut avoir beaucoup de physique et d'endurance, et après il faut beaucoup s'entraîner pour devenir champion après. Mon but c’est d'aller plus encore plus loin.

 

Sabine LE TOULLEC :

Alors nos activités il y a de l'athlétisme, le vtt, la natation, la pétanque, et la zumba. Toutes ces activités sont menées par un éducateur spécialisé.

Non seulement on a créé l'association pour les jeunes, mais on a créé l'association pour les familles. Parce que souvent les familles ont un sentiment de culpabilité. Et donc on a dû quand même, on a pris des professionnels pour montrer à ces familles que pas la culpabilité, ça peut arriver à n'importe qui d'avoir un enfant porteur de handicap.

 

« Pourquoi une telle implication ? »

 

Je pense que c'est mon caractère parce que quand on aide quelqu'un, on aide aussi soi-même. Parce que moi aussi j'étais dans le doute hein, quand j'ai eu un enfant handicapé, dans le doute hein. Mais j'ai eu la chance d'avoir de bons professionnels qui m'ont bien accompagnée. Donc c'est pour ça maintenant que je peux mettre ce que je j'ai reçu, je peux mettre ça au service des autres.

 

« 75 ans de la Départementalisation »

 

Le Département comme on dit toujours, c'est des premiers cris au dernier soupir. Sans le Département, sans ses actions, hé ben on serait comme avant finalement. C'est sûr comme je dis toujours, rien n'est parfait, mais l'important c'est de le savoir. On voit des améliorations, certes, c'est pas suffisant mais nous sommes dans la bonne voie.

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD
© Département de La Réunion – Mai 2021

 

 

« David TESTAN, Artiste, Moringueur, Responsable d’un centre culturel » :

David TESTAN, mi travaille au Centre Zelindor de Moringue et boxe française.

Ici en fait mi lé responsable de la structure, gère tout ce qui est les écoles, lycées et aussi tous les associations qui vient ici, et aussi les projets que néna en dehors, les projets européens, les projets de la ligue, les projets du comité.

Comment ma la arrive là ? Mi te conné pas c'est quoi le moringue. mavé 23 ans, 22 ans à l'époque, donc mavé vu le moringue, c'était lors d'un manifestation 20 décembre. Mi dit ben c’est quoi ça ? Après les gars la explique à moin un peu ça c’est le moringue, c'est un sport traditionnel qui appartient à La Réunion. Nou la commence fé le moringue, navé à moin mon frère ek mon cousin nous té à trois. Et tous les 6h de matin avant rentre travail nous té y fé. Et après le comité moringue la ni voir à nous, té en 2000, mavé passe mon monitorat en 2000, et après la eu la pose de la première pierre ici dans le centre moringue. Et à partir de là mi dit té, y ça pose la première pierre, mi na un monitorat moringue, c'est un l'occasion pour moin, intègre à moins au niveau d’un affaire que mi aime. Et c’est là ma di té, mon passion peut ni mon travail. Donc ma la mette ça dans mon tete, tout les jours mi té y dort mi té y lève, té pense rienke ça même.

La définition du moringue pou moin c'est transmettre, nout l'héritage, nous transmet nout l'histoire, nous transmet nout patrimoine. Nous la transmettre le moring à la nuit des arts martiaux à Bercy, sur le plus grand tatamis du monde ! Et quand bana la vu ça la vu le moringue la dit : ah, ça c'est quoi ça ? Après nous té appelé à aller Seychelles, Rodrigues, Madagascar, Maurice, Mozambique, Brésil, et la Chine, la France, et na fé un peu tout. Chaque fois nous té arrive dans un pays, nous té parle de La Réunion en général, voilà La Réunion c'est ça. Nous c'est bann zenfant zesclave, nout bann zencetre la gaingne coup d’fouette, ben jordi c’est un façon pou nous d’honore à zot, de transmettre nout l’héritage partout dans le monde.

Le moringue aujourd'hui la apporté à certaines personnes une insertion sociale. Na d’autres jeunes lé intégrés dans les associations oussa na des contrats, zot y gagne intervenir partout dans les écoles, les associations, dans les centres. Et donc à travers ça nous la pu créer aussi des mallettes pédagogiques, c'est-à-dire des livres, des cd, avec des expos. Ben le moringue y peut être vu sans etre vraiment pratiqué techniquement par rapport les personnes physiques sur place.

Donc maintenant on à l'agrément ministériel, nou na les diplômes, maintenant il faut juste que nous néna une reconnaissance sur les pratiquants, sur les dirigeants, pour faire en sorte que demain matin ben ces jeunes-là y peut intégrer une collectivité, y peut intégrer le rectorat. Prend pas nous rienke pou di comma la besoin a nous pou 20 décembre, vient danse moringue, kata kataka kata kataka, non. Faut prend le band marmaille, insert à zot.

 

« L’importance de prendre sa vie en main. »

 

Mi lé fonceur moin, mi fonce. Mi croit en sak mi veut. Parce que moin si sa devant un affer, y pose ça devant moin, mi prend ça mi fé un affaire avec, donc mi magine mon l’avenir. Donc le band marmaille y vient derrière là, pas besoin di regarde David Testan di ouais, David Testan na sa moin aussi mi gagne ça, non, trappe, fonce, allé avec ! Fonce, trappe, ou va gagner ! Là lé sur ou gaingne !

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD / Alexandre GILLES
© Département de La Réunion – Avril 2021

 

 

« Sinévassin Benoit CADEBY, Bénévole associatif du culte hindou et de la culture tamoule » :

Sinévassin Benoit CADEBY, c'est mon nom. Je me suis toujours défini comme un cadre associatif bénévole du tissu associatif cultuel hindou, et culturel tamoul de Saint-Paul, de la région ouest et de La Réunion, formé, passionné, dévoué, et engagé. Nous sommes ici en ce site ancestrales et patrimonial, ce lieu de vie et de rencontres, de transmission des valeurs et des connaissances, c'est ici que nous nous sommes toujours donné les moyens de nos actions associatives culturelles et sociales telles que celles portées par l'association Tamij, par l'association Shanti, par l'association solidarité enfants du Tamil Nadu, et par aussi notre média social du réseau facebook : Le Gôpouram.

Ce sont des outils qui en cette terre multiculturelle nous permettent d'exprimer, de vivre, de partager et de faire découvrir notre attachement à une civilisation multimillénaire, l'hindouisme, la fierté d'un art de vivre. Nous offrons aux réunionnais passionnés par cette reconnaissance de l'héritage indien, constitutive du patrimoine culturel insulaire, des activités culturelles, ludiques, pédagogiques, d'éducation et de loisirs. Avec la promotion, la diffusion, la communication, et l'information qui s'y rattachent, afin de maintenir en vie un circuit d’échanges, permettant la transmission aux générations futures, de fragments d'identité et de connaissances, qui assureront la continuité entre le passé et l'avenir.

C'est dans une équipe qu’on arrive à persévérer et à mettre en place les actions. Et surtout moi par ma déficience, je me suis toujours entouré de, je fais collégialement les actions.

Les 75 ans de la départementalisation

Il faut savoir que nous sommes tous les enfants de la départementalisation. Il y a eu beaucoup d'efforts, beaucoup d'avancées, de progrès considérables dans le social, dans l'éducation, dans la santé, dans le développement économique. Et forcément ça a du avoir, tout un, des influences positives sur le développement culturel des composantes ethniques du Département de La Réunion.

Réalisation : Emmanuel RICHARD
© Département de La Réunion – Avril 2021

 

« Christophe DALLEAU, Agriculteur en agro-foresterie et apiculteur » :

 

Christophe DALLEAU, 37 ans, agriculteur / apiculteur dans les hauts de la Caroline à Bras-Panon. Donc à Caroline-les-hauts moi et ma femme nous lé agriculteurs et apiculteurs. Nous fé dans l’ensemble ce que nous appelle de l’agro-foresterie. C'est une manière de planter, une manière de concevoir ses cultures, mais les anciens que té à La Réunion té fé déjà ça, c’est zot manière de planter, c’est zot manière de voir les choses sans dénaturer oussa l’endroit zot y lé. L’ « agro » c’est de l'agriculture liée à une forêt. Donc faire en sorte que tout ce contexte d’arbres, de plantes que néna des liens ensemble y puisse avoir des rendements, des rendements voir même une production agricole. Dans un premier temps faut essayer de comprendre son environnement, analyser pour intégrer ce que ou veux intégrer dedans. Mais c'est pas n'importe quoi non plus. C'est du végétal que lé adapté à ce contexte environnemental. Par exemple le cacao, li a besoin de sous-bois, li a besoin d'humidité, li a besoin en même temps de la chaleur, pou li pousser. Dans une forêt na tout ça. À l'instar même de la vanille, parce que c'est les mêmes conditions pédoclimatiques que le cacao y cherche. C’est ça en fin de compte nous veut faire, cette agriculture patrimoniale pour emmener derrière une activité économique.

Ici aussi nous fait de l'apiculture, déjà les abeilles lé dans un environnement exceptionnel, donc le miel que lé issu d’ici na beaucoup de propriétés des arbres endémiques, indigènes et médicinals que néna dans notre forêt. Et sans ces abeilles là, ben la foret que néna aujourd’hui y existera pu malheureusement. Ces abeilles-là lé essentielles à nous.

 

Aujourd'hui mi fé le métier d'agriculteur, c'est déjà par passion, et par engagement mi diré. Parce que moin mi té parti pour devenir footballeur professionnel et aussi ben parallèlement comptable.

Ma fé un AVC en métropole, et cet AVC là en fait la bouleverse toute ma vie. Mi té joué déjà football dans un très bon niveau, et mon AVC est survenu sur un terrain football. Pour reconstruire à moin ma té obligé de puise au plus profond de moin même kossa mavé besoin, de quoi mi té veux faire, et comment mi té veut faire les choses. Mi pourré dire que c'est cette forêt-là la trouve à moin, et non pas que moin la trouve ali. Parce que tout ce que mavé besoin dans ma vie pour partager, pour transmettre, pour faire découvrir aux gens kossa nout péi nana et kossa nous peut avoir nous même à l'intérieur, ma trouve ali ici.

 

Mi lé très sensibilisé à, aux porteurs de handicap. Moin mi milite aujourd’hui aussi, pour justement que ces personnes-là puissent avoir un métier, être formées, parce que moin même mi lé reconnu travailleur handicapé. Avec Cacao Péi nous travaille avec l’ALEFPA pour faire en sorte que na des jeunes ou des moins jeunes y puissent avoir un contrat pour insère à zot dans la vie professionnelle. Mais au-delà de ça moin mi voudré faire en sorte que sur ma plantation nous accueille des personnes avec un handicap, que ces personnes-là puissent venir se ressourcer. Parce qu'avec ce que ma la subi moin c’est cette foret-là la permette à moin de resource à moin, de reprendre confiance en moin, et surtout d'être moin même. Et mi veux cette chance que la vie la offre à moin, mi veux offrir cette chance là à d’autres personnes que la pas eu pour l'instant, voilà. Mi vive cette seconde vie là, ben pleinement mais surtout pour les autres aussi. C'est ça, c'est ça que mi veux faire. La forêt na beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de choses que zot y pense même pas connaître tellement li lé fort, pour être soi-même.

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD / Alexandre RIVIERE
© Département de La Réunion – Mai 2021