Ce jeudi 26 février, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, s’est rendue au Village Réunion. Elle a été accueillie par un conseiller départemental. L’occasion pour la ministre de goûter aux spécialités réunionnaises, mais aussi d’écouter les inquiétudes des acteurs du monde agricole.
C’est au son du maloya du groupe Trio Métiss’ que la ministre est arrivée dans le Village Réunion, sur l’espace institutionnel du Département. Le président de la Chambre d’Agriculture était également présent, ainsi que des représentants interprofessionnels.
Ces derniers ont interpellé Naïma Moutchou sur les inquiétudes liées au Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI).
A La Réunion, le POSEI n’est pas qu’une simple ligne budgétaire, c’est la colonne vertébrale de l’économie rurale. Il compense l’écart entre le coût de production locale et le prix du marché de la canne, pilier historique de l’agriculture réunionnaise. Il aide à la diversification végétale et animale ; les filières lait et viande dépendent du POSEI pour compenser le surcoût de l’importation de l’aliment pour bétail. Il finance enfin les structures collectives permettant ainsi de garantir un prix d’achat aux producteurs et favorisant une montée en gamme des produits.
En pleine préparation de son budget, l’Europe envisage, d’ici 2028, de faire évoluer et de modifier le POSEI afin de l’intégrer aux autres dispositifs financiers (FEAGA, FEADER, FEDER, FSE…). Cela pourrait remettre en cause son statut de programme distinct, doté d’un budget dédié de 150 millions d’euros.
« J’ai entendu les inquiétudes à propos du POSEI. Ce que nous souhaitons, c’est d’abord disposer d’un cadre juridique clair, en particulier d’un règlement POSEI sectoriel différencié. Il n’est pas question de le diluer.
Nous souhaitons ensuite une sanctuarisation du budget, et cela est non négociable. Enfin, nous demandons à l’Europe que l’enveloppe soit renforcée. Cela fait quasiment 20 ans que nous disposons des mêmes fonds, alors que la situation a évolué sur le territoire. Il y a une nécessité de s’adapter.
Je porterai ce combat. Je me rendrai à Bruxelles à la fin du mois avec l’ensemble de nos partenaires européens. Je crois qu’il est important de porter la voix des Outre-mer. Il faut rappeler que l’Europe est présente aux quatre coins du monde grâce aux Outre-mer. Il faut leur donner les moyens de développer leurs territoires », a déclaré la ministre des Outre-mer.
